Blanche-Neige et les sept mains

Type : Poésie | Ajout le : 01/06/2007
Note de l'auteur :
Jeu oulipien... écrit le même soir que Burn et Libellule rouge...
Classement :
Pointage : 4/5
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Position dans Poésie : 102ème

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Oeuvre :
Mots : 501
Sombre endroit que cette vieille forêt complètement désenchantée... J'aurais bien aimé m'y promener, si je n'avais pas fait cette rencontre incroyable. Je me trouvais à la lisière, pour cause de pause-pipi (le trajet était long).
L'air de rien, un énorme sac roula vers moi ! Reboutonnant mon jean un peu déchiqueté, j'ouvris le sac et c'est alors que je la trouvai... cette chose complètement disloquée :

Corps d'ivoire, c'était comme la mère de Blanche Neige !
À bien y regarder, c'étaient
Des membres épars...
À la suite, une ribambelle de mains !
Vertes de pourriture, elles étaient au nombre de sept...
Refermant fermement le sac,
Emportant le corps, je m'enfuis.

Incroyable. J'en démettais mes cheveux tellement l'angoisse de Lassie tue l'action !
Je croyais en un instant devenir fou : qu'était ce coup monté ? L'oeuvre de démoniaques randonneurs ?
Quelle horreur latente... Quand j'eus peur de ne plus pouvoir conduire prudemment, je m'arrêtai à nouveau, et, déployant le contenu du sac (sic) à l'arrière de ma fourgonnette, je constatai :
  • Des yeux révulsés + 2 étoiles en orbite
  • Trois grains de riz sur la tranche des oreilles
  • Un grand os de seiche de 80 centimètres
  • Trois morsures sur chaque main

Après

Expertise de ma personne modeste
Xuilant autrefois, simple chauffeur aujourd'hui
Qualifiant ces horreurs dignes d'un psychopathe
Une conclusion terrible vint soudainement
Illuminant mon regard de braise
Suintant d'angoisse, de pure peur :

Les randonneurs, ces démons adoubés à tort, ces trois psychopathes, s'étaient entreposés par faim au milieu de cette forêt maudite par sept fois ; leur repas terminé, n'écoutant que leur ventre point encore repu, ils s'étaient jetés avec folie sur cette pauvre créature, lui arrachant les bras et les jambes pour se rassasier.
La pauvrette étant sacrée, sa chair rendit à ses agresseurs la raison et réalisant que

La raison perdue
Détournée vers la chair fraîche
Est mort assurée

ils devinrent fous à lier leurs mains et à se mordre entre eux ; ils se coupèrent les mains et n'en gardèrent qu'une en trophée de leur défaite, enterrant par là leur crime au plus profond d'eux-mêmes.

Sur le sac je trouvai, je crois, leur adieu à la Terre, tracé au sang de leur geste perdu :

La folie sanglante
Quand les yeux du coeur s'aveuglent
Chute libre en nuit
Commentaires
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kali
05/06/07 à 01:57
un cadavre exquis qui eût plû à Edgar Poe !!

Fëartanel
03/06/07 à 11:12
Homme je suis. ;)
Merci pour vos commentaires.

spock27
03/06/07 à 08:53
oops
encore un exercice? en une heure?

je félicite l'auteur(e?) pour l'exercice mais je n'accroche pas. trop figure de style tout en admettant que la prouesse est fort belle. on se comprend

alain°

Libellule Rouge
02/06/07 à 15:33
Définitivement, avoir placé xuilant, c'est fort!!

J'ai beaucoup aimé ce texte qui en même pas une heure fut franchement très travaillé!