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Position dans Littérature : 1ère
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Mots : 946
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C'est long, trop long, je n'arrive même pas à penser, comme si le mode veille n'existait plus. La trame de pensées qui défile sans contrôle, où est la léthargie ? Qui permet à l'esprit de se reposer un peu. C'est long, trop long. Que se passe-t'il ? Je vais devenir fou ! Je nage dans le néant avec un rat mort dans la bouche. Oui. Tiens, c'est pas mal comme comparaison. Mais la réalité, réalité ? Est toute autre. Je tombe, je ne nage pas, je m'enfonce et je coule. Peut être qu'a force de patauger dans la merde j'ai sombré. Mais non, ce n'est qu'une métaphore. Je suis juste prisonnier d'un rêve trés long, trés réaliste. La résurrection de mes angoisses de gosse. Quand mon pire ennemi était l'obscurité, que j'imaginais des combats entre Lumière et Ténèbre, et que Papa intervenait du côté des gentils pour les faire gagner. Woaw, ça remonte, j'avais oublié ça.
Donc je rêve, je peux penser, mais pas m'arrêter pour souffler, pas de mode 'stand-by'. C'est plutôt ennuyeux. Il ne reste que mon imagination, la pire des armes. Quelle horreur ! Être enfermé en soi-même, heureusement que tout cela n'est pas réel. J'ai lu une fois qu'un goût de merde pouvait survenir lors d'un rêve particulièrement intense. Probablement car mon métabolisme est en ralentissement extrême, donnant toute son énergie à l'esprit, qui travaille dur, l'assainissment de ma gorge n'est donc plus d'actualité. Ce qui nous amène à un nouveau point, je suis un peu conscient, puisque je sens ce goût infect. Pourtant je ne me sens pas capable de déglutir alors que ça doit être aussi aride que le Sahara un quinze août.
C'est trop étrange. Je suis en pleine possession de ma tête et je ne vois encore aucun raisonnement plausible pour expliquer cette sensation de n'être qu'un esprit et une bouche pourrie. Peut être m'a-t'on drogué ? Mais pour quelles raisons ? Je n'ai d'ennui avec personnes et il est facile de me faire parler de mon boulot. Oui, vraiment, pas besoin de me droguer pour me faire parler de mes recherches sur les Indiens d'Amérique. Bon sang, ça me revient. Cette petite tribu, qui vénérait Tezcatlipoca. Ils étaient particulièrement odieux contre leur prisonniers. Deux petites incisions bien précises, et le sujet perdait toutes ses facultés sensorielles. Il pouvait parfois vivre plusieurs jours, enfermé dans sa tête, sans comprendre ce qui se passait. Et le pire, c'est que la pensée déclinait au fur et à mesure que le manque de sucre se faisait sentir. Il paraît que c'était la représentation de l'Enfer la plus réaliste qui puisse être. Se sentir diminué au fil des heures, sans avoir conscience ni du temps, ni de la réalité. Ne trouvant d'alternative qu'en admettant l'existence d'un diable. Le suppliant d'achever ce long supplice. Mourir de faim et d'idées, quelle horreur.
Mais cette pratique est quasiment inconnue, et puis à quoi bon me faire subir ça ? Qu'ai-je à me reprocher ? Rien, à peine quelques amendes nons payées sinon .. Amende ? A quand remonte la dernière .. La dernière, la dernière fois, que j'ai vu le soleil, c'était où, et quand ? Non, ça me revient, oui je respire et je vois clair maintenant. Je rentrais chez moi, tôt le matin, pressé de dormir. Je roulais vite donc, et c'est là que .. Oui, c'est ça ! Un agent m'a suivi ! C'est donc eux les responsables de mon black-out ? Serais je sujet à des expériences secrètes gouvernementales ? Oh, bon sang, pouquoi moi ? Un simple petit ethnologue sans histoires... Mais.
Non, ça colle pas, les prisons sont pleines à craquer, ils ont du choix. Mais, attend, j'oublie que .. J'ai accéléré, pour échapper à l'agent. Mais. J'ai du mal à suivre. Oui. On a roulé. J'ai continué. Sans m'arrêter. Et puis. Non... Je sais. Un arbre. Et puis le bruit, la tôle. Schcrak blang pingk. Et l'arbre qui tombe, et le feu qui démarre. Et là. Non... Non... Dans une boîte ? Non. Ils ont cru que ? Pas possible. Ils pouvaient savoir que je... Et ce goût. NonNonNon. Je suis vivant !
A.D.E (Ante Death Experience)