
Les entreprises privés sont accusées de bien des maux.
http://moniblogs.lemoniteur-expert.com/
Classement :
Pointage : 4/5
Nombre de votes : 1
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : 7ème
Pointage : 4/5
Nombre de votes : 1
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : 7ème
Visites :
Aujourd'hui : 0
Total : 98
Aujourd'hui : 0
Total : 98
Chronique :
Mots : 901
Mots : 901
Plusieurs personnes croient que les entreprises privées investissent trop peu dans le domaine culturel québécois. En effet, l'entreprise privée n'a pas tendance à beaucoup investir dans les arts. Cependant, le problème ne provient pas d'une culture entrepreneuriale mercantile et capitaliste comme voudraient le croire certains gauchistes de la première heure. Ce faible investissement est la cause de trois protagonistes : le gouvernement, la population et la peur du privé.
Il semble étrange à première vue d'associer le gouvernement à ce sous-financement, mais quand on regarde bien, cela ne l'est pas du tout. Quand un gouvernement investit dans la culture, il donne continuellement un minimum. Pourquoi ? Parce que la plupart des gouvernements ne croient pas en l'importance de la culture pour le développement d'un peuple. Alors pourquoi investissent-ils tout de même dans ce qu'il considère comme une dépense inutile ? Tout simplement parce qu'ils croient que s'ils ne le font pas, personne ne le fera. Une mentalité du « pas le choix » typiquement québécoise et complètement attardée.Ce comportement vient créer deux problèmes. Il décourage premièrement les investisseurs privés, parce que le gouvernement donne une image de non-rentabilité et de gouffre financier à la culture. Cela a comme fin d'éloigner bien des investisseurs qui, à cause de cette image réductrice, hésitent à investir dans le domaine. Deuxièmement, le gouvernement, en optant pour une méthode qui cherche à donner un poisson à quelqu'un qui a faim plutôt que de lui apprendre à pêcher, empêche les artistes de faire preuve d'entrepreneurship.
Au lieu de financer aveuglement la culture, le gouvernement devrait choisir de financer des centres d'aide aux artistes émergents ou débutants, financer des festivals et des activités visant à aider les artistes émergents et leur donner de la visibilité. Une autre option serait d'accorder des crédits d'impôt et d'abolir la taxe sur le gain en capital afin que le privé soit attiré à investir dans la culture. De cette façon, en ne finançant pas directement les artistes, mais bien les activités qui récompensent l'initiative, on enlève cette étiquette de gouffre financier uniquement entretenu par l'état et le privé deviendra moins réticent à se lancer dans l'aventure.
On pourrait se demander maintenant pourquoi je dis que la population nuit à l'investissement privé. C'est bien simple, à l'image de son gouvernement, la population est convaincue que la culture est inutile au bon développement d'un peuple. Le gouvernement, voulant faire plaisir aux électeurs, ne voudra donc pas investir beaucoup d'argent, pour éviter d'avoir une image de gaspilleur des fonds publics. Ensuite, la population, en s'intéressant aussi peu à la culture, éloigne les entreprises privées du secteur. Même si une entreprise investissait dans un secteur par motif purement philanthropique, elle veut quand même avoir de la visibilité, ce qu'elle n'aura pas dans le domaine culturel. Pourquoi ? Parce que cela rejoint une proportion trop mince de la population. Cette hypothèse est facilement vérifiable par les divers films commerciaux qui sont sortis récemment. Le public visé était très large, ce qui a amené plusieurs entreprises à investir dans ces films.
La peur du privé, un phénomène très répandu au Québec, vient clouer le cercueil de la culture. Cette vague de défaitisme, de peur de la richesse, de valorisation de l'échec et de peur face à l'entreprise privée, qui ressemble presque à du communisme, vient hanter l'échiquier québécois depuis des siècles et cette mentalité ne semble pas vouloir changer. Certains artistes refusent toutes subventions privées parce que cela dénaturerait leur oeuvre, puisqu'elle serait entachée du vilain privé. Vraiment ?
Tout d'abord, contrairement à ce que les gens pensent, on peut négocier avec l'entreprise. Si nous ne sommes pas heureux de ce qu'elle nous offre, nous pouvons refuser. Pas de façon automatique, parce que c'est de « l'argent sale », mais bien parce que cela nous ne plait pas. Personnellement, je ne crois pas que d'avoir un petit logo d'une entreprise qui me financerait sur la page de couverture d'un livre que j'aurais écrit rendrait le livre moins bon. En plus, en ayant davantage de fonds, cela me permet d'étendre la portée de mon oeuvre à un territoire plus large. Comme l'indique une expression populaire, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Quand on n'a pas de moyens et qu'on ne veut pas de l'argent externe pour se financer, c'est nous-mêmes qui nous tirons dans le pied. En plus, je vois mal comment on peut mal prendre d'être financé par une société. Si elle nous finance, c'est parce qu'elle voit qu'on a du potentiel. Je trouve ça flatteur.
Pour ceux qui ont encore peur de l'aide qu'une entreprise privée peut leur accorder, regardez E-Toile. À ce que je sache, E-Toile est une entreprise privée qui est là pour aider les artistes amateurs. Nous offrons même un certain financement à travers notre concours « Le punch du mois ». Sommes-nous des êtres diaboliques pour autant ? J'en doute fortement.
Pour ceux qui sont intéressés à en apprendre davantage sur le sujet, je vous réfère à un excellent article de Gilles Guénette, tiré du Québécois Libre : http://www.quebecoislibre.org/020119-4.htm . Il va plus en profondeur dans les solutions que moi.